Jerôme, Cécile...
Jérôme, il est comme un enfant quand il s'agit de sport. Ainsi, quand il dit skateboard, on à fort craindre qu'il ne se casse une cheville, ou les deux; quand il dit VTT, il y a toujours un risque qu'il ne fasse un soleil non désiré; quand il dit snowboard, il y a quelque chose de dangereux qui reste inscrit dans l'air, quelque chose d'imprécis et pourtant là, quelque chose de persisitant même aprés qu'il est déchaussé la planche.
Il est comme ça Jérôme, sans peur ou en tous cas confiant. Il se donne à fond pour vivre chaque instant entièrement, sans chercher à conserver de parachute. C'est sans doute ce qui a fait que tu es là ce soir Cécile, ce qui t'as donné envie de voir plus loin, de vouloir plus qu'un simple partage d'appartement.
Parceque Jérôme il est comme un artiste au niveau du coeur. L'artiste c'est ce fou, cet être qui se laisse emporté par sa générosité. Il est resté le pianiste concentré qu'il était lorsqu'il avait douze ans; à l'époque il cherchait toujours à voir plus loin que la partition que lui donnait son prof, il voulait toujours déchiffrer ce qu'il entendait, ce que les autres aimaient, comme si il voulait leur offrir la forme d'amour qui les inspirait. Et aujourd'hui, c'est toi la musique qui l'inspire, celle qui lui plait d'amplifier et d'interpreter à sa manière, comme lui-même la désire. Je ne veux cependant pas dire qu'il cherche à te posséder ou te manipuler mais plutôt qu'il te décuple, qu'il te transcende, comme un peintre défierait son modèle. D'ailleurs, le peintre n'est jamais seul dans l'éxécution de sa toile: s'il s'approprie le modèle en le reproduisant, c'est aussi parceque ce dernier s'immisce au plus profond de son être afin que, encore plus présent, il puisse guider la main du maître en ensorcelant le pinceau. De plus en peinture, le maître comme le modèle se font public et crttique, toujours plus averti.
Quand vous vous êtes retrouvés à Dublin, je me rejouissais car j'imaginais déja, sans être tout à fait conscient, que vous établissiez là-bas les prémisses d'une oeuvre commune et je me réjouis encore puisque vous êtes là, puisque nous sommes tous là.
Et puisque que vous avez ce soir exposés votre première toile, sachez que j'attendrai la suivante avec impatience.
Alors peignez, inspirez vous mutuellement et faite que votre vie commune devienne une oeuvre inestimable.
Olivier de Franclieu

